CERN
EUCYS
July 2026
At CERN, I found a society
Au CERN, j'ai trouvé une société
Seven days in Geneva, between the EUCYS prize and a lesson in what it actually takes to keep science standing.
Sept jours à Genève, entre le prix EUCYS et une leçon sur ce qu'il faut vraiment pour faire tenir la science debout.
I left thinking I would meet physicists. CERN ended up showing me something else: an entire
society, with its own firefighters, its own daycare, its own hotel, its own kitchens and its
own HR department. It is not just a laboratory sitting on the French-Swiss border. It is a
place that has to feed itself, care for itself, guard itself and rest itself, twenty-four
hours a day, so that a handful of experiments can keep running.
I was there for a week, from July 4 to 11, 2026, as part of the team that won the
CERN European Prize at EUCYS in Latvia. The prize is not a medal you frame.
It is a week in Geneva, alongside two other young people from elsewhere, visiting what
fundamental science builds when it has decades and thousands of people to build it with.
What stayed with me most was the ALICE Cavern. Not so much the sheer size
of the detector, though that alone is striking, but what it represents underneath: the time,
the dedication and the collective intelligence it took to design this thing, assemble it
piece by piece underground, and make it work. It is not the work of any one person.
It is the work of thousands of people who will probably never meet, aligned on a single goal for years.
The security, reinforced against any radiation, is a constant reminder that what you are
looking at is not a scale model or a reconstruction. It is real, and it can hurt you if you
do not respect it.
Between visits, the Charm Facility, the antimatter factory, and the CERN museum, the three
of us from the EUCYS team also worked alongside two other young people from a different
country. The whole week ran in English, the only language we shared.
What struck me most in that group work did not come from physics. It came from one of the
other students, who approached every question through sociology. Making that reading
coexist with my own, more technical one, changed how we built our answers together. A
different culture brings a different way of thinking, not just different knowledge, and I
think it is that friction that made the group work interesting rather than just efficient.
Then there was Idea Square. After a week spent observing a real society
running this scientific complex, we were asked to imagine a new one, a more responsible
one. We debated the legislative system that would govern it, and the question of economics
took up far more space than I expected. It is strange to go from observing an organization
that already exists to designing, in a few hours, one that does not exist yet. But the two
exercises answer each other: understand how a society holds together, then try to build a
better one.
I came back with a wider view of what a collective project can be. Robot J4, until then, had
been my deepest group experience, five people around a robotic arm. CERN is the same logic
at a scale I had never seen: thousands of people, dozens of trades, decades, for a handful
of discoveries that change how we understand the universe. It left me with a sharper
interest in fundamental science, the kind that promises nothing useful in the short term,
and moves forward anyway.
J'étais parti en pensant que j'allais rencontrer des physiciens. Le CERN a fini par me
montrer autre chose : une société entière, avec ses propres pompiers, sa propre crèche, son
propre hôtel, ses propres cuisines et son propre service des ressources humaines. Ce n'est
pas seulement un laboratoire posé à la frontière franco-suisse. C'est un endroit qui doit se
nourrir, se soigner, se garder et se reposer lui même, vingt-quatre heures sur vingt-quatre,
pour que quelques expériences puissent continuer à tourner.
J'y suis allé une semaine, du 4 au 11 juillet 2026, en tant que membre de l'équipe qui a
remporté le Prix européen du CERN à l'EUCYS en Lettonie. Le prix, ce n'est
pas une médaille qu'on encadre. C'est une semaine à Genève, avec deux autres jeunes venus
d'ailleurs, à visiter ce que la science fondamentale construit quand elle a des décennies et
des milliers de personnes pour le faire.
Le moment qui m'est resté, c'est la Caverne ALICE. Pas tant l'immensité du
détecteur, même si elle marque, mais ce qu'elle représente en creux : le temps, la
dédication et l'intelligence collective qu'il a fallu réunir pour concevoir cette chose,
l'assembler pièce par pièce sous terre, et la faire fonctionner. Ce n'est l'œuvre de
personne en particulier.
C'est l'œuvre de milliers de personnes qui ne se rencontreront peut-être jamais, alignées sur un seul objectif pendant des années.
La sécurité, elle aussi renforcée contre toute radiation, rappelle en permanence que ce
qu'on regarde n'est pas un modèle réduit ni une reconstitution. C'est réel, et ça peut faire
mal si on ne le respecte pas.
Entre deux visites, la Charm Facility, l'usine à antimatière, et le musée du CERN, on
avançait aussi à trois dans l'équipe EUCYS, en binôme avec deux autres jeunes venus d'un
pays différent. Toute la semaine s'est passée en anglais, la seule langue commune.
Ce qui m'a le plus marqué dans ce travail de groupe, ce n'est pas venu de la physique. C'est
venu d'un des deux autres étudiants, qui abordait chaque question sous l'angle de la
sociologie. Faire cohabiter cette lecture avec la mienne, plus technique, a changé la façon
dont on construisait nos réponses ensemble. Une culture différente amène un autre schéma de
pensée, pas seulement d'autres connaissances, et je crois que c'est cette friction là qui a
rendu le travail de groupe intéressant plutôt que juste efficace.
Puis il y a eu Idea Square. Après une semaine à observer une société réelle
qui fait fonctionner ce complexe scientifique, on nous a demandé d'en imaginer une nouvelle,
plus responsable. On a débattu du système législatif qui la régirait, et la question de
l'économie a pris beaucoup plus de place que je ne l'aurais imaginé. C'est étrange de passer
de l'observation d'une organisation qui existe déjà à la conception, en quelques heures,
d'une organisation qui n'existe pas encore. Mais les deux exercices se répondent : comprendre
comment une société tient debout, puis essayer d'en construire une meilleure.
Je suis reparti avec une vision plus large de ce qu'est un projet collectif. Robot J4,
jusque là, avait été mon expérience de groupe la plus poussée, cinq personnes autour d'un
bras robotique. Le CERN, c'est la même logique à une échelle que je n'avais jamais vue : des
milliers de personnes, des dizaines de métiers, des décennies, pour une poignée de
découvertes qui changent la façon dont on comprend l'univers. Ça m'a donné un intérêt plus
net pour les sciences fondamentales, celles qui ne promettent rien d'utile à court terme, et
qui avancent quand même.